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On prend les mêmes et on recommence…! septembre 7 2011

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Dans son bureau de l’hôtel de ville, Henri Bertholet exhume d’un placard une photo en noir et blanc, datée du 18 juin 1995. Après des années d’atermoiements, le maire socialiste de Romans a décidé de dévoiler sa plus grosse déception d’homme politique. Sur le cliché, des centaines d’habitants des deux villes affluent sur le Pont Vieux et se pressent autour des deux édiles. En ce soir du second tour des municipales, Henri Bertholet vient congratuler Didier Guillaume, PS lui aussi, qui a vaincu Henri Durand, maire de Bourg-de-Péage pendant quarante-deux ans. Une poignée de main symbolique au-dessus de l’Isère, qui scelle la réconciliation des deux rives. Depuis 1977, Romans, à gauche, et Bourg-de-Péage, à droite, étaient politiquement incompatibles. 

Dans l’euphorie de cette réconciliation, Henri Bertholet imagine alors un futur à deux: «Je crois très fortement en une politique d’agglomération permettant des économies d’échelle et l’émergence de projets initiés en synergie», affirme-t-il. Près de dix ans plus tard, l’amertume est pourtant latente: la volonté politique n’est en effet pas venue à bout du déterminisme historique qui frappe ces deux cités siamoises. Comme si la ville du chapeau et celle de la chaussure ne pouvaient décidément s’assortir. «Cette Isère entre nous, c’est un peu notre mur de Berlin», regrette un élu. Et pourtant, trois ponts franchissent la rivière, preuve que des rapports étroits unissent les deux populations. Tous les jours, un Péageois sur trois va à Romans pour travailler - au total, ils sont 2060 à traverser l’Isère, dans un sens ou dans l’autre, selon l’Insee. Et ces déplacements sont tout aussi nombreux pour les loisirs, les achats, les visites chez des amis ou la famille. La brouille tient donc à une incapacité séculaire des municipalités à s’entendre. 

Certes, les relations se sont détendues depuis 1995. En neuf ans, les deux villes se sont toujours regroupées face à l’adversité. Elles ont ainsi organisé une manifestation commune en novembre 2002 pour protester contre les menaces qui pesaient sur l’entreprise Kelian, et ont obtenu l’ouverture d’une cellule de reclassement pour les salariés licenciés. De la même façon, Romans a pu compter sur le vote favorable de Bourg-de-Péage en commission départementale d’équipement commercial pour autoriser l’arrivée de Marques Avenue (voir page VIII). Une entente qui avait permis à Bertholet de faire face à la fronde fomentée par la chambre de commerce et le maire de Valence. 

Les deux villes ont également partagé les frais engagés dans certains grands investissements communs. Elles ont rénové la station d’épuration romanaise et l’ont agrandie pour traiter les eaux usées péageoises. Les premiers bus ont enfin franchi l’Isère en 1996, pour former un seul réseau de transports publics. Les deux villes traitent ensemble la sécurité, la restructuration de l’artisanat et du commerce, l’amélioration de l’habitat. «On a travaillé ensemble à chaque fois que ce fut nécessaire», soutient Didier Guillaume. «On multiplie les structures, mais il n’y a pas de projet global», lui répond Henri Bertholet, qui voulait former avec Bourg-de-Péage une communauté d’agglomération. 

«On ne se marie pas pour le fric» 

Adjoint aux finances à Romans, Jean-Pierre Béraldin avait été mandaté par le maire pour mener les tractations en coulisses dans la perspective de sceller l’union entre les deux villes. En 1999, rappelle-t-il, la loi Chevènement incitait, par des subventions sonnantes et trébuchantes, les communes dont la population dépassait 50 000 habitants à constituer une communauté d’agglomération. L’élu romanais avait transmis plusieurs notes à ses homologues péageois, brandissant le bénéfice financier, estimé à 1,38 million d’euros (9 millions de francs). «Avec cette somme, nous aurions pu doubler la subvention allouée au club de rugby et engager la réfection de la piste d’athlétisme. C’est un gâchis énorme!» tonne-t-il. «On ne se marie pas pour le fric», réplique Didier Guillaume. «Il faut être bien riche pour dédaigner une telle somme», rétorque Henri Bertholet. 

Outre les incitations financières, le passage en communauté d’agglomération présentait l’avantage, avec l’institution d’une taxe professionnelle unique, de mettre un terme à la guerre économique que se livrent la communauté de communes du pays de Romans et celle du canton de Bourg-de-Péage. «Aujourd’hui, chacun drague les entreprises du voisin», regrette Gérard Chaumontet, président PS de la première. Et de citer l’exemple d’une start-up romanaise, encensée par la presse locale un jour et recevant le lendemain des propositions immobilières de Bourg-de-Péage… «Nous déployons une énergie incroyable pour simplement conserver nos entreprises et non pas pour en attirer d’autres», confirme François Monterrat, directeur du développement économique romanais. Les deux structures intercommunales s’adonnent à ce jeu, soit en baissant le prix des terrains, soit en subventionnant les emplois créés. 

Les Romanais estiment qu’en concentrant les moyens les deux communautés parviendraient à promouvoir avec plus d’efficacité le territoire et à attirer des entreprises extérieures, de Suisse ou d’Ile-de-France. Et à mettre fin au départ de sociétés, notamment de services, vers Valence. «Mais Bourg-de-Péage se sait du bon côté, à proximité de Rovaltain (voir page VI). Voilà pourquoi ils ne cherchent pas spécialement à nous rejoindre», dit, grinçant, François Monterrat. «Il n’y a pas de concurrence entre nos deux villes ni avec Valence, répond Didier Guillaume. Notre tâche commune est de réussir Rovaltain.» 

Vu de Romans, le développement économique n’est pas le seul intérêt de la communauté d’agglomération. Comme l’affirmait le peintre Francis Picabia, «l’amour seul est désintéressé, tandis que le mariage ne l’est jamais». Selon les élus romanais, Bourg-de-Péage ne met pas suffisamment la main à la poche pour financer les associations communes telles que le club de rugby. Et devrait contribuer au fonctionnement d’équipements d’agglomération, comme la médiathèque ou l’école nationale de musique, fréquentées par 17,8% et 11,8% de jeunes de la communauté de communes voisine. La communauté d’agglomération leur imposerait habilement de payer leur écot. 

«Nous avons nous aussi des charges de centralité, en accueillant les enfants des alentours au centre aéré», relativise Jean-Félix Pupel, maire (sans étiquette) de Bourg-de-Péage depuis l’accession de Didier Guillaume à la présidence du conseil général de la Drôme. «Romans devrait aussi parler des recettes de centralité, avance pour sa part Pierre Buis, président (sans étiquette) de la communauté de communes du canton de Bourg-de-Péage. Les personnes qui y travaillent ou y font leurs courses rapportent aussi à la ville centre.» 

Didier Guillaume n’est pas convaincu par les bénéfices de l’agglomération. «Ce serait une structure de plus qui éloignerait le pouvoir des citoyens, estime-t-il. Et je ne crois pas aux économies d’échelle. Aujourd’hui, nous parvenons à tout faire ensemble, et nous évitons la bureaucratie.» «Pour que l’intercommunalité fonctionne, il faut qu’elle soit librement consentie, ajoute sa directrice de cabinet, Béatrice Frecenon. Or, les petites communes ont très peur d’entrer dans une grosse structure. Notre communauté de communes, née en janvier 2000, est trop récente pour en changer.» 

Des communes aux horizons différents 

Une stratégie dilatoire? «Didier Guillaume nous a demandé d’attendre les élections cantonales de 1998, les municipales de 2001 puis les cantonales de 2004», pointe un collaborateur du maire de Romans. «Il y avait toujours une échéance électorale pour m’empêcher de poser le problème publiquement, puisque nous sommes de la même famille politique», complète Henri Bertholet, visiblement déçu. En gage de bonne volonté, Romans avait pourtant proposé à Didier Guillaume de prendre la tête de la communauté d’agglomération. 

«Il visait déjà la présidence du conseil général et préférait ménager les communes voisines, qui ne veulent pas entendre parler d’agglomération», maugrée un élu. Une stratégie payante, puisque l’ex-maire de Bourg-de-Péage, qui a été soutenu durant sa campagne par 13 des 14 maires de son canton, a pris la tête de l’assemblée départementale le 1er avril dernier. «Romans et Bourg-de-Péage sont chefs-lieux de canton. Chacun a son propre horizon: la Drôme des collines pour l’un, la plaine de Valence pour l’autre», analyse, fataliste, Laurent Jacquot, secrétaire de l’Association de sauvegarde du patrimoine romanais et péageois. «Au XIVe siècle, rappelle-t-il, Bourg-de-Péage rassemblait les marchands qui s’installaient de l’autre côté de l’Isère pour ne pas payer l’octroi romanais.» Bourg-de-Péage ne voulait déjà pas payer: rien n’a changé. 

Déjà en 1997! septembre 7 2011

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13 heures. Arrivée dans la Drôme. Déjeuner à la terrasse de La Charette, restaurant du tout-Romans, avec le candidat PS, Henri Bertholet, et son équipe. Martine Aubry évoque sa campagne. «Je n’ai jamais vu les gens se passionner de cette façon-là. Il faut voir le niveau des questions macro-économiques qu’ils posent! Je crains le pire de la droite dans les dernières heures. Il faut s’attendre à toutes les rumeurs. Comme celles qui disent que j’ai acheté un château et que je roule en Porsche. Et ça marche. Bientôt, on va me trouver une kyrielle d’amants arabes!» Henri Bertholet abonde: «Moi, j’ai eu droit à un tract affirmant que j’avais inauguré une mosquée intégriste du FIS”»

Les charlots font de la politique août 31 2011

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La commission des finances de l’Assemblée a adopté mercredi 31 août un amendement, présenté par une cinquantaine de députés de la majorité, supprimant le relèvement du taux de TVA dans les parcs à thème, a annoncé le député UMP Hervé Novelli dans un communiqué.

Cette hausse de la TVA, de 5,5 % à 19,6 %, fait partie de la première salve des mesures du plan de rigueur que le gouvernement compte faire adopter dès 2011 dans le cadre d’un collectif budgétaire. Pour être adopté par l’Assemblée, l’amendement devra aussi être voté mardi prochain en séance publique. Cet amendement a été voté à l’unanimité, selon Yves Censi, vice-président UMP de la commission des finances.

Cette disposition, dont l’impact financier est faible au regard des autres mesures (90 millions d’euros en année pleine), a suscité l’opposition de beaucoup d’élus de la majorité depuis son annonce, la semaine dernière. Premier à se “révolter” en fin de semaine dernière, Philippe de Villiers, fondateur du parc du Puy-du-Fou (Vendée), a demandé mercredi à Nicolas Sarkozy de retirer la mesure de hausse de TVA, dans un courrier transmis à l’AFP.

D’autres personnalités étaient aussi montées au créneau, parmi lesquelles Jean-Pierre Raffarin, élu de la Vienne, département du Futuroscope, et Hervé Novelli, secrétaire général adjoint du parti présidentiel. Pour autant, du côté de l’exécutif, on semble toujours décidé à ne pas bouger.

Les filles de salle du PS août 27 2011

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La “cérémonie d’ouverture” – selon les mots du maire de La Rochelle, Maxime Bono – de l’université d’été de La Rochelle devait être l’occasion d’afficher l’unité des socialistes dans “le travail” collectif. Elle est d’ailleurs scandée par les militants socialistes avant le début des discours, à coups de “tous ensemble, tous ensemble !”. Pourtant, les vieilles habitudes ont la vie dure.

L’une d’elles n’est pas récente, surtout au PS : on l’appelle “faire la salle”. Elle consiste à s’arranger pour avoir suffisamment de ses propres militants dans le public pour obtenir un triomphe. C’est ainsi qu’à son entrée dans la salle, la première secrétaire a été saluée par des “Martine ! Martine !” scandés par une partie du public. François Hollande n’était pas présent pour un comparatif, mais Ségolène Royal, qui est venue, n’a pas eu droit à tant d’égards.

Martine Aubry est restée dans l’assistance pour l’un des premiers débats, consacré à la crise. Elle en a fait un réquisitoire anti-Sarkozy, jugeant que les récentes annonces d’austérité gouvernementales montraient que “le gouvernement n’a pas voulu toucher au cœur de sa politique mais il n’a pas oublié de taxer les classes moyennes et les classes populaires”, ou évoquant “les discours de Sarkozy à Toulon et dans les Ardennes, où il avait la voix d’Olivier Besancenot quand il montrait du poing les banquiers voyous”.

La maire de Lille a déroulé ses solutions face à la crise, essentiellement européennes : “Il faut s’attaquer aux racines du mal. Pour la France comme pour l’Europe, notre horizon ce n’est pas seulement le triple A pour notre gestion, c’est d’avoir un triple A pour l’emploi, pour l’éducation, pour le développement durable”, a-t-elle lancé, martiale, avant de juger qu’il fallait “être architecte” face à la crise.

Ses propositions, celles du projet socialiste et des socialistes européens, sont celles d’une gouvernance économique de l’Europe, d’une taxe sur les transactions financières, ou encore d’une harmonisation sociale et fiscale dans l’Union. Elle évoque aussi “le juste échange”, idée empruntée à Henri Emmanuelli et fondée sur la réciprocité des règles en matière commerciale. L’occasion d’un hommage à cette figure de la gauche du PS. Mme Aubry fera aussi applaudir debout “nos camarades Verts”

A la fin de son intervention, d’une durée de vingt minutes, Martine Aubry, la voix rauque, obtient un triomphe. La salle, debout, salue et scande “Martine ! Martine !”. Tout sourire, la maire de Lille savoure l’ovation. Elle fait mine de se rasseoir, mais finit par se relever pour un nouveau salut. Puis un troisième. Lorsque l’orateur suivant, Hubert Védrine, se présente à son tour à la tribune, une bonne centaine de personnes dans le public quittent la salle. Il faut croire qu’elles n’étaient venues que pour écouter la candidate à la primaire.

Tête à queue Sarkosien août 25 2011

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RI-DI-CU-LE

Les pigeons volent août 22 2011

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Le plan d’aide à la Grèce, annoncé le 22 juillet dernier par le couple Merkel/Sarkosy, n’est toujours pas en place, on a appris que la Finlande avait reçu une garantie en euros pour l’acceptation de ce plan, mais d’autres pays veulent aussi leur “pot de vin”. Aider un pays, daccord, mais certains ne jouent pas le jeu et ne veulent surtout pas être perdant dans le fait d’aider la Grèce, cela pourrait se finir que seul les Français et les Allemands soient contributeurs du risque pris à aider, cela ne donne pas une très bonne image de l’europe solidaire tant rabaché par les gouvernements.

Les chaises musicales août 22 2011

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Amours déçus août 21 2011

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Sarko Ier veut faire rendre gorge à Kadhafi avant le 14 juillet selon le Canard Enchaîné. Pour célébrer dignement la fête nationalement, et se venger enfin d’un guide libyen qui lui a fait miroiter trop de contrats par la passé.

Sous le plumetis de Claude Angeli, le Canard du 6 juillet révèle que le Commandeur du Pouvoir d’Achat, Pourfendeur des Paradis Fiscaux et des Bonus obscènes, se serait mis en tête de s’offrir la peau du Guide de la Révolution pour le 14 juillet. Un caprice qui provoquerait même chez l’Amiral Stavridis, commandant en chef des forces de l’OTAN en Europe, une petite poussée d’adrénaline.

Qu’est ce qui peut bien être à l’origine d’une telle hargne de la part du président Sarkozy envers celui qu’il avait reçu à l’Elysée avec faste – et controverse - le 17 décembre 2007, en rendant à Mouammar Kadhafi, la politesse que ce dernier lui avait témoigné à Tripoli 6 mois plus tôt ?

Le grand-public qui vit dans l’ignorance absolue des enjeux de la géopolitique mondiale, est loin de s’imaginer que la situation entre la France et la Libye ait pu s’envenimer à ce point en si peu de temps ; et pourtant…

Flash back, Tripoli - Juillet 2007 : nos deux tourtereaux refont le monde ; Sarkozy est aux anges ; Kadhafi jongle avec les milliards de contrats qu’il réserve à son nouvel ami.

En Décembre, à l’approche des étrennes de fin d’année, le Commandeur du Pouvoir d’Achat est fébrile ; il s’est promis d’arracher des engagements fermes à Kadhafi, fut-ce au prix de palabres en burnous d’apparat et babouches compensées, sous la tente du Guide de la Révolution descendu dans la ville lumière avec tout le toutim.

La fable de l’usine de dessalement

Dans l’euphorie de Noël qui s’annonce, on ébauche même les grandes lignes du futur accord de coopération nucléaire civile. Paris étant membre d’Euratom, le projet doit toutefois être soumis aux autres signataires du traité. Une simple formalité. Kadhafi promet à un Sarkozy extatique que l’affaire sera dans le sac dans moins de 6 mois. Il tiendra parole. Aucun membre d’Euratom n’ayant formulé d’objection, de passage à Paris les 7 et 8 juillet 2008, Abdulati Obeidi Vice-Ministre des affaires européennes dont le visage est un croisement saisissant de celui du chanteur Khaled et de l’acteur Gene Hackman, dégaine son Mont-Blanc Meisterstück et paraphe le si précieux document.

Rétrospectivement, il s’agit d’un simple accord-cadre, assez vague, destiné à formaliser les grandes lignes d’une future coopération dans le domaine des usages civils de l’énergie nucléaire, sans engagement précis quant aux investissements que Paris envisage de réaliser du côté de Tripoli. Et sans précision du Guide sur la taille exacte de son chèque-cadeau en retour.

Ce sera la fable de l’usine de dessalement d’eau de mer.

Un projet pilote, situé à Tajura, dont le Secrétaire libyen à l’Energie Atomique Ali Gashut, son adjoint Mohamed Ennami, et le responsable du site Ahmed Al Habrush, s’entretiendront beaucoup plus sérieusement cette fois, avec les représentants de l’Oncle Sam, en août 2009.

L’ordre du jour il est vrai est d’un tout autre calibre : un accord secret finalement signé le 28 octobre 2009 entre Washington - dont la confiance dans les bonnes manières du Guide de la Révolution est toute relative - et Tripoli, visant ni plus ni moins qu’à mettre le combustible nucléaire libyen hautement enrichi, à l’abri en Russie !

Seul l’Uranium s’enrichit

L’affaire prendra d’ailleurs une sale tournure ; le 25/11/2009, l’ambassadeur américain à Tripoli enverra à son boss à Washington, un télégramme un brin alarmiste : « après être resté sur place pendant 4 jours, l’avion russe qui devait emporter le reste de l’uranium hautement enrichi, a quitté la Libye sans sa cargaison…D’après les spécialistes du Ministère de l’Energie, nous avons un mois pour résoudre le problème avant que les problèmes de sécurité ne se transforment en crise…Si l’Uranium Hautement Enrichi n’est pas extrait des caissons de transport dans les 3 mois, l’augmentation de température pourrait provoquer des fissures des caissons et des fuites de produit nucléaire radioactif….  »

Rot libyen sur l’Union pour la Méditerranée

Passe encore que Kadhafi ait bercé Sarkozy d’illusion sur d’hypothétiques contrats du siècle. Après tout, c’est la loi du genre. Il ne fallait pas confondre Rafales et Mirages… qu’en revanche, il se soit opposé avec une violence inouïe, au génie politique du président français illustré par sa trouvaille de l’Union pour la Méditerranée, est un crime qui ne pouvait rester impuni.

C’est le 10 juin 2008, lors d’un mini-sommet de la Ligue Arabe à Tripoli que Kadhafi a mis en pièces le projet sarkozien ; tout y est passé ; d’abord, que le fait d’appâter les états de la rive sud de la Méditerranée avec des promesses d’investissements était insultant (« les Etats africains ne sont pas affamés à ce point ; nous ne sommes pas des chiens qu’ils peuvent manœuvrer en leur balançant un os devant la figure ») ; ensuite qu’il n’avait d’autre but que de permettre aux Etats sud-européens d’édifier un rempart contre l’immigration illégale en provenance d’Afrique sub-saharienne, tout en sapant l’unité de la Ligue Arabe et de l’Union Africaine. Enfin qu’il ne s’agissait que d’une «  lubie passagère » du président français, comparable à l’échec qu’avait connu le Processus de Barcelone mort-né en 1995.

« Mon cher Sarkozy »

Le câble adressé à Washington par l’ambassade US à Tripoli le 12/06/2008 ne laisse planer aucun doute sur l’étoffe du costard que Kadhafi a du tailler ce jour là au locataire de l’Elysée : «  …Les références sarcastiques de Kadhafi à ‘mon cher Sarkozy’ ont pris les observateurs par surprise et ont amené certains d’entre eux à se demander si la bonhomie née de la visite de ce dernier à Tripoli en juillet 2007 ne commençait pas à s’estomper. Les diplomates français en poste à Tripoli n’ont fait aucun commentaire, précisant seulement qu’ils n’avaient pas encore reçu d’instructions de Paris quant au principe et à la forme d’une réponse… »

Circonstances aggravantes aux yeux du président français, la « charge » du 10 juin avait été lancée – pur hasard du calendrier ? - le jour de la visite à Tripoli de l’ancien Premier Ministre Tony Blair, venu s’entretenir avec le Guide, de possibles investissements libyens en Sierra Leone et au Rwanda où la fondation de Tony s’est montrée très active.

C’est de tout cela, que Sarkozy entend demander des comptes au Guide de la Révolution le 14 juillet. Capital et intérêts.

le cauchemar ne fait que commencer août 18 2011

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Le : 09 Aôut 2011

Opérations militaires de l’OTAN en Libye : accélérateur d’une dislocation géopolitique mondiale ?

Dans son bulletin GEAB N° 51 (Global Europe Anticipation Bulletin – janvier 2011)*, le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP) – think tank monégasque dirigé par Franck Biancheri - prévoyait que l’année 2011 serait une année difficile pour ceux qui n’étaient pas préparés à la crise systémique globale, c’est-à-dire « une crise que affecte les fondements même du système (tous les secteurs et tous les relais, et non pas un secteur particulier comme c’était le cas avec la bulle Internet par exemple) et une crise qui affecte simultanément toute la planète (et non pas comme en 1929 un espace atlantique Etats-Unis et Europe de l’Ouest encore peu intégré in fine) ». Selon le LEAP, l’intervention anglo-américano-française en Libye en est la parfaite illustration ainsi qu’un puissant soutien à la dislocation géopolitique mondiale.

On demanda à l’opinion publique d’approuver, non de penser

Le vrai contexte du conflit libyen n’a rien à voir avec ce que gouvernements et médias en donnent tant en Grande-Bretagne qu’en France et aux Etats-Unis. Il débute avec la révolution en Tunisie et sa propagation aux autres pays arabes avec des résultats divergents. Dans l’analyse de GEAB 52 (février 2011), la Libye apparaissait dans la catégorie des « pays dont les régimes pouvaient contenir jusqu’à la fin de 2012, en recourant à la violence, les tentatives de changement ». Y figuraient aussi l’Algérie, l’Arabie saoudite, la Syrie contre lesquels, selon le bulletin, ni la Grande-Bretagne, ni la France, ni les Etats-Unis n’oseraient lancer une action militaire « pour défendre les populations » ou « accélérer le changement » pour les raisons suivantes :

La différence de traitement entre la Libye et ces derniers pays est que les opérations militaires y apparaissaient techniquement, politiquement et militairement possibles à moindre risque contrairement aux pays cités. Kadhafi a été diabolisé dans les médias occidentaux mais a été courtisé, ces dernières années par les leaders occidentaux, notamment Sarkozy lui offrant tous les honneurs, pour lui vendre armes et réacteurs nucléaires. Son pays est vaste mais peu peuplé, croulant sous le pétrole dans une région hostile à la centralisation du pouvoir. Il était donc la cible rêvée si l’on arrivait à donner à cette action militaire une légitimité internationale.

Qui fut la suivante :

« Le peuple libyen est attaqué brutalement par un dictateur méprisable ; les démocraties (une espèce de mini-OTAN) doivent protéger de toute urgence le peuple libyen en révolte (dont personne n’a vu de photos même dans Benghazi, à l’inverse de ce qui s’est passé pour les foules en Egypte, au Yémen à Bahreïn, en Jordanie), de massacres de masse perpétrés par le dictateur libyen (ici encore pas de preuves, pas de photos) ; les révolutionnaires ont de plus formé un gouvernement alternatif dont la légitimité doit être soutenue (sans savoir vraiment qui en faisait partie à l’exception de l’ancien ministre de l’intérieur, Abdel Fattah Younis – certainement un grand démocrate - et quelques exilés de Londres et des Etats-Unis depuis des décennies). »

On demanda donc, spécialement en France, à l’opinion publique d’approuver, non de penser.

Pas de plan B en cas d’échec occidental

Les jours qui suivirent ont très rapidement montré

(….)

Quels étaient les objectifs des participants à l’intervention militaire ? Pour Obama, pris au piège de l’effondrement du « mur du pétro-dollar » dû à la révolution arabe, et englué dans des problèmes budgétaires, financiers et économiques, à qui il était impossible de s’afficher comme un adversaire direct d’un autre pays musulman après l’Irak et l’Afghanistan, il s’agit de maintenir « le mur » par l’établissement de régimes « amis », de consolider le camp occidental en générant des conflits entre l’Occident et le reste du monde, de vendre des armes et d’engendrer des zones d’instabilité autour de l’Europe pour ralentir toute velléité d’indépendance stratégique de l’Europe. Pour Cameron, soutien fidèle des Etats-Unis, ses buts traditionnels épousent ceux de leur parrain, et s’y ajoute, celui jamais démenti, d’affaiblir la cohésion de l’Europe continentale. Sarkozy, converti aux vertus de l’américanisme, légitimant au nom de la démocratie, tout action servant les intérêts de l’Occident, a abandonné, sur l’autel de l’intervention en Libye, les deux pendants de la politique étrangère des dernières décennies, à savoir, le renforcement de la cohésion européenne autour de la France et de l’Allemagne et l’affaiblissement de l’influence US en Méditerranée. Pour Sarkozy, même les plus fervents soutiens à l’intervention en Libye affirment qu’elle est là à des fins de politique domestique, pour remonter sa popularité. Si rien ne marche en Libye, il deviendra pour Obama, le principal coupable.

Quant aux pays arabes, opposés a priori à l’intervention en Libye, ils s’y sont ralliés car le danger pour eux n’est pas Kadhafi, mais les révolutions populaires arabes et tout ce qui peut les affaiblir est le bienvenu. Ils ont ainsi eu le plaisir de voir l’Occident engager un conflit qui leur évite d’étendre un soutien aux mouvements révolutionnaires qui éclatent chez leurs voisins. Si Israël joue dans ce conflit la carte de la discrétion, il ne fait aucun doute que son influence est primordiale dans le conflit libyen, car il lui permet de miner le mouvement révolutionnaire arabe qui l’inquiète.

Cauchemar géopolitique

C’est ainsi que le conflit libyen accélère le processus de dislocation géopolitique mondial selon certaines lignes :

L’intervention en Libye peut donner lieu à un cauchemar géopolitique pire que celui de la Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan réunis. Elle est une aubaine pour ceux qui souhaitent affaiblir les mouvements révolutionnaires dans le monde arabe. En France, concernant cette guerre, la propagande médiatique est telle qu’il est impossible d’accorder la moindre foi aux sondages. Le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP) remarque d’ailleurs que « la cote de popularité d Nicolas Sarkozy continue de chuter, ce qui est bien incompatible avec les fortes

To night août 18 2011

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